Albums – Cassandre

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Des chroniques sur les bandes dessinées en lien avec l'Antiquité sous la plume de Julie Gallego, agrégée de grammaire et maîtresse de conférences de latin à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

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Cassandre
de Clotilde Bruneau, Camille Pagni et Claire Eyheramendy
Nathan, octobre 2025

Après avoir travaillé de nombreuses années comme scénariste pour la collection « La sagesse des mythes » chez Glénat et avoir collaboré plus récemment à l’adaptation en bande dessinée de grands classiques de la littérature (La Belle au bois dormant, Yvain le chevalier au lion, Lancelot, Tristan et Iseult), Clotilde Bruneau revient, avec cet album Cassandre publié chez Nathan, au matériau antique. Il s’inscrit dans une collection jeunesse de « Contes & Légendes » assez large puisque les deux autres albums parus sont consacrés à Perceval (2024) et Merlin (2026). Cet album qui parle d’une femme singulière est le fruit de la collaboration entre trois autrices puisqu’à la scénariste s’ajoutent la dessinatrice Camille Pagni et la coloriste Claire Eyheramendy.

Il faut d’emblée saluer l’efficacité de la maquette commune retenue pour cette collection car les trois couvertures sont très belles et attirent immédiatement l’attention. Pour celle de Cassandre, on relèvera les motifs antiques intégrés à l’encadrement (colonnes, trières, combattants, cheval de Troie, casque, buste de divinité…) et le jeu de couleurs qu’ils mettent en place (reprenant le principe des vases à figures rouges ou noires) mais aussi la qualité du dessin et l’efficacité des couleurs présentant aux lecteurs l’héroïne, semblant fuir seule Troie en flammes, que l’on discerne en arrière-plan. La lumière bleutée qui émane de la lanterne (assez anachronique) qu’elle tient à la main et le regard que Cassandre porte vers le hors-champ à droite incitent d’emblée les lecteurs à considérer qu’elle seule voit ce que d’autres ne peuvent voir. Cet album nous raconte la destinée tragique de Cassandre mais s’arrête à son départ de l’Asie Mineure[1] ; la destinée fatale qui l’attend à Mycènes n’a le statut d’allusion à la toute fin que pour qui connaît déjà toute son histoire et celle de la malédiction des Atrides.

La célébrité malheureuse de Cassandre s’est ancrée dans le vocabulaire moderne où l’on trouve encore l’expression « jouer les Cassandre » (avec antonomase), pour parler de quelqu’un qui annonce de mauvaises nouvelles avérées mais qui n’est pas cru (l’expression semble par ailleurs parfois mal employée, pour parler d’une personne qui annonce à tort des malheurs… alors même que Cassandre avait toujours raison !). C’est bien sur cela qu’insiste le mythographe Hygin (qui vécut à l’époque augustéenne) dans sa courte notice consacrée au personnage, avec une opposition entre cette parole prophétique qui dit le vrai (cum uera uaticinaretur) et l’absence de crédit accordé à la jeune fille (fidem non haberet) :

Cassandra Priami et Hecubae filia in Apollinis fano ludendo lassa obdormisse dicitur ; quam Apollo cum uellet comprimere, corporis copiam non fecit. Ob quam rem Apollo fecit ut cum uera uaticinaretur, fidem non haberet. (Hygin, Fables, 93, « Cassandra »)

Cassandre, fille de Priam et d’Hécube, lasse à force de jouer dans le sanctuaire d’Apollon, s’y endormit, dit-on : Apollon ayant voulu l’étreindre, elle ne le laissa pas disposer de son corps ; pour cette raison, Apollon fit qu’on ne la crût pas, bien qu’elle prédît la vérité. (CUF, trad. J.-Y. Boriaud)

Cette spécificité de Cassandre apparaît dès le seuil de l’ouvrage, dans les quelques lignes personnelles que la scénariste écrit sur la page des remerciements (p. 4) : « À toutes celles et tous ceux qui subissent des guerres qu’ils n’ont pas provoquées et meurent de l’indécision autant que de la cruauté. À toutes les Cassandre que l’on n’écoute pas et aux Hélène qui servent d’alibis. » (le personnage d’Hélène évoquant l’argument fallacieux à la page 34 notamment).

On retrouve cette idée à plusieurs reprises dans la bande dessinée, notamment aux pages 18-19 (toute sa famille se moque d’elle et sa mère Hécube dit qu’elle a « vraiment une imagination débordante ») et aux pages 40-41 (Hector lui assène un « Tu ne comprends rien à ce qui se joue »)[2]. C’est même sur cela que s’achève le récit à proprement parler, lorsque Agamemnon, dont elle est devenue la captive, lui demande de lui dévoiler la vision qu’elle vient d’avoir, alors que le bateau sur lequel ils se trouvent vogue vers la Grèce : « Alors je suis désolée de te dire que tout ne va pas bien se passer. Tu ne vas pas m’écouter, mais ça n’est pas grave… ça ne m’empêchera pas de dire la vérité. » (p. 74). Le lecteur, lui, a découvert juste avant, en pleine page, la vision tragique de Cassandre : une énorme hache menaçante, au-dessus d’Agamemnon, qui semble en lévitation sur l’eau, des plaies aux jambes, le vêtement maculé d’un sang qui s’écoule goutte à goutte de son corps. C’est le destin qui les attend, lui et Cassandre, lorsque Clytemnestre réussira à les tuer, pour se venger à la fois de la mort de sa fille Iphigénie (sacrifiée pour que la flotte grecque puisse partir vers Troie) et de sa relégation au second plan avec l’arrivée de la captive troyenne.

A quo cum Micenas traheretur, eidem cecinit sibi a Clitemestra preparatas insidias atque mortem. Cuius verbis cum fides daretur nulla, post mille maris pericula, Micenas cum Agamenone devenit, ubi, eo Clitemestre fraude ceso, et ipsa eiusdem Clitemestre iussu iugulata est. (Boccace, De mulieribus claris, XXXV)

Pendant qu’il la ramenait à Mycènes, elle lui annonça le piège et le trépas que Clytemnestre lui préparait. Il n’accorda foi à aucune de ses paroles, et après avoir couru bien des dangers en mer, ils arrivèrent ensemble à Mycènes : là, Clytemnestre tua Agamemnon par traîtrise et donna l’ordre d’étrangler Cassandre. (Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques de l’humanisme », trad. J.-Y. Boriaud)

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Cassandre de Clotilde Bruneau, Camille Pagni et Claire Eyheramendy, p. 73
© Nathan, 2025.

 

La notice d’Hygin évoque la responsabilité directe d’Apollon dans la malédiction de Cassandre : dans la notice qu’il consacre au personnage en tant que « femme illustre »[3], Boccace évoque pour sa part trois explications à cette capacité divinatoire : des études qu’elle aurait faites (studia), un don de Dieu (Dei donum), une ruse diabolique (diabolica fraus).

Mais l’album de Clotilde Bruneau ne fait pas intervenir les dieux : ce rôle est donc dévolu à l’une des prêtresses d’Apollon. Elle annonce à Cassandre : « Tes rêves sont des visions de l’avenir ! Tu as le pouvoir de lire les fils du destin. Tu as été choisie par Apollon, il t’a offert ce don… … pour le servir ici, dans son temple. C’est ton devoir. » (p. 10). Mais Cassandre refuse, arguant que ce n’est pas ce qui l’attend puisqu’elle a rêvé qu’elle partait en bateau (cela se réalisera quand elle quittera Troie en tant que captive des Grecs). C’est alors la prêtresse que l’on voit cracher en signe de malédiction, sans que son geste soit explicité[4], mais l’inquiétude se lit ensuite sur le visage de Cassandre.

La scénariste met également à plusieurs reprises en scène la jeune femme en train de procéder à une ébauche d’analyse géopolitique de la situation ; ainsi à la page 14 déclare-t-elle à son père, le roi Priam : « Ménélas est un roi puissant. Il n’a sans doute pas apprécié que Pâris enlève sa femme… Sans compter qu’il est le frère du chef de tous les Grecs, ils vont tous se liguer contre nous. Je… », son frère Pâris de lui couper alors la parole en la traitant de jalouse, en lui déniant toute capacité à émettre un jugement qui ne soit pas motivé par des sentiments.

Elle dévoile pourtant avec précision ses visions : « J’ai vu la ruine de Troie. La cité en flammes, des oiseaux de mauvais augure… Partout des signes de mort, de destruction ! Nos remparts qui tombent et un cheval. Un cheval géant. » (p. 18). Hygin consacre une notice au fameux cheval de Troie ; on y retrouve le personnage de Cassandre, avec la même tournure adversative en cum et à nouveau l’emploi du verbe uaticinari et du nom commun fides associé à une négation, comme éléments constitutifs du personnage de la prophétesse (uates) :

Achiui cum per decem annos Troiam capere non possent, Epeus monitu Mineruae equum mirae magnitudinis ligneum fecit, eoque sunt collecti Menelaus, Ulixes, Diomedes, Thessander, Sthenelus, Acamas, Thoas, Machaon, Neoptolemus. Et in equo scripserunt DANAI MINERVAE DONO DANT, castraque transtulerunt Tenedo. Id Troiani cum uiderunt arbitrati sunt hostes abisse. Priamus equum in arcem Mineruae duci imperauit, feriatique magno opere ut essent edixit. Id uates Cassandra cum uociferaretur inesse hostes, fides ei habita non est. Quem in arcem cum statuissent et ipsi noctu lusu atque uino lassi obdormissent, Achiui ex equo aperto a Sinone exierunt et portarum custodes occiderunt, sociosque signo dato receperunt et Troia sunt potiti. (Hygin, Fables, 108, « Equus Troianus »)

Les Achéens, n’ayant pu, dix années durant, s’emparer de Troie, Épéius, conseillé par Minerve, construisit un cheval de bois, d’une taille étonnante, où prirent place, Ménélas, Ulysse, Diomède, Thessandre, Sthénélus, Acamas, Thoas, Machaon et Néoptolème. Et sur le cheval, ils écrivirent CADEAUX DES DANAENS À MINERVE et transportèrent leur camp à Ténédos. Les Troyens, lorsqu’ils virent cela, pensèrent les ennemis partis. Priam ordonna que l’on conduisît le cheval dans la citadelle de Minerve et prescrivit que l’on se disposât à festoyer grandement. Alors que Cassandre la devineresse criait qu’il y avait des ennemis à l’intérieur, on ne lui accorda aucun crédit. Lorsqu’ils furent allés le placer dans la citadelle et qu’ils se furent endormis à la nuit, fatigués de plaisir et de vin, les Achéens sortirent du cheval ouvert par Sinon, tuèrent les gardiens des portes, rappelèrent, par un signal, leurs compagnons, et se rendirent maîtres de Troie. (CUF, trad. J.-Y. Boriaud)

L’épisode du cheval est juste évoqué par Homère (Odyssée, IV, 271-284) mais il est longuement traité par Virgile dans le récit encadré qu’Énée fait à Didon de la chute de sa ville (Énéide, II, 13-267). Dans l’épopée latine, c’est surtout à Laocoon et non à Cassandre qu’est dévolu le rôle ingrat du lanceur d’alerte que personne n’écoute : il bénéficie d’un discours direct (v. 42-49) pour tenter en vain de convaincre les Troyens de ne surtout pas faire rentrer le cheval (et son discours se clôt sur les célèbres mots : « timeo Danaos et dona ferentis », que tout amateur d’Astérix connaît bien). Énée ne mentionne qu’en passant les exhortations inutiles de Cassandre :

Tunc etiam fatis aperit Cassandra futuris
Ora dei iussu non umquam credita Teucris. (Virgile, Énéide, II, 246-247)

Alors encore Cassandre prête sa voix aux destins qui se préparent, sa voix que le vouloir d’un dieu empêcha toujours les Troyens de croire. (CUF, trad. J. Perret)

Si l’album n’intègre pas le personnage de Laocoon pour se centrer sur Cassandre, il contient en revanche le moment où elle est en grand danger parce qu’un Grec s’apprête à s’emparer d’elle, alors même qu’elle priait la déesse Athéna (p. 66-67), un épisode bien attesté dans les notices mythologiques consacrées au personnage :

Elle-même, pendant le sac de Troie, se réfugie dans le temple d’Athéna. Là, elle est poursuivie par Ajax le Locrien ; elle embrasse la statue de la déesse, mais Ajax l’en arrache, ébranlant ainsi la statue sur sa base ; et celle-ci lève les yeux au ciel. Les Grecs, devant ce sacrilège, sont prêts à lapider Ajax mais il se sauve en se réfugiant à l’autel de la déesse qu’ils viennent d’insulter[5].

C’est Ulysse (mentionné dans l’album seulement sous son nom grec d’Odysseus) qui arrête le bras d’Ajax au moment où il allait tuer la jeune femme (p. 68-69).

Lorsque Cassandre raconte par des mots (à la p. 18) la vision qui l’a saisie pendant sa dispute avec Pâris, le lecteur a déjà vu l’image qui va hanter la jeune fille mais il n’est qu’un témoin inutile. Et la double page précédente (p. 16-17) est saisissante : comme toutes celles qui correspondent à une vision de Cassandre, elle comporte l’ajout d’un cadre avec un motif géométrique répété, mais la fumée qui s’échappe de Troie en flammes recouvre ce contour, comme pour mieux en montrer la violence et le caractère inévitable de la prise de la ville. Un homme mystérieux, porteur d’un masque (de faune ?), fixe les lecteurs et monte à cru un grand cheval dont la crinière et la queue faites de flammes semblent être la source de l’incendie en arrière-plan. On voit également un autre cheval dessiné au moment où il s’apprête à franchir au galop les portes de la citadelle. On retrouve cet étrange individu à cheval dessiné sur la double planche des pages 38-39.

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Cassandre de Clotilde Bruneau, Camille Pagni et Claire Eyheramendy, p. 16-17
© Nathan, 2025.

 

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Cassandre de Clotilde Bruneau, Camille Pagni et Claire Eyheramendy, p. 38-39
© Nathan, 2025.

 

Si les lecteurs font très vite le lien avec l’histoire du « cheval de Troie », il leur faudra arriver à la fin de l’album pour pouvoir identifier le personnage sous le masque, qui se révèlera être Hélénos, frère jumeau de Cassandre : il sera le traître qui va aider les Grecs à prendre Troie (p. 70-71), ce qui est attesté par une partie de la littérature antique, selon la synthèse opérée par Pierre Grimal, qui signale toutefois des variantes dans le mythe du jumeau :

Pendant la première partie de la guerre de Troie et jusqu’à la mort de Pâris, Hélénos se bat vaillamment aux côtés d’Hector, puis, après la mort de celui-ci, il le remplace à la tête de ses concitoyens. Il est blessé par Ménélas.

L’attitude d’Hélénos change entièrement après la mort de Pâris, lorsque Priam lui refuse la main d’Hélène, et lui préfère Déïphobe, qui est plus jeune que lui. De dépit, Hélénos se retire sur l’Ida et décide de ne plus participer à la lutte. Or, Calchas, le devin des Grecs, avait annoncé que seul Hélénos saurait révéler les conditions auxquelles la ville de Troie pourrait être prise. Ulysse réussit alors à s’emparer d’Hélénos, et, moitié de force, moitié par corruption, celui-ci rendit son oracle. […] c’est lui qui leur aurait conseillé d’utiliser un cheval de bois pour introduire des guerriers secrètement à l’intérieur des remparts. Tous ces services, son attitude avant la guerre, […] lui valurent la vie sauve et la liberté après la prise de la ville. […]

Une tradition attestée tardivement, et qui n’a probablement été imaginée que pour supprimer de sa légende l’épisode de la capture par les Grecs et de la trahison qui s’ensuivit, raconte qu’Hélénos, mécontent de se voir préférer Déïphobe, demande à Priam la permission de quitter Troie pour aller s’établir en Grèce[6].

Cette trahison est en réalité préparée car l’album met en avant très tôt et à plusieurs reprises la fascination du jeune prince troyen pour son adversaire grec Achille, un combattant exceptionnel.

Ce bel album jeunesse, que nous conseillons, offre donc un récit tout public (dès le primaire) de l’histoire de Cassandre et pourra servir aussi pour découvrir une partie de l’histoire de la chute de Troie. Il permet de s’intéresser à la destinée de l’un des personnages féminins majeurs au cœur de cette guerre décidée et menée par les hommes.

 

Julie Gallego


 


[1] Il faut signaler la correction nécessaire d’une coquille qui concerne la chronologie interne à l’histoire dans l’album car Cassandre et Hélénos semblent avoir dans les six à huit ans quand leur est annoncée la naissance de Pâris (p. 8-9). « Six ans plus tard » (p. 10, cartouche narratif), c’est la séquence où Cassandre est frappée de malédiction par la prêtresse d’Apollon (p. 11). Et à nouveau « six ans plus tard » (p. 12, cartouche narratif), Cassandre et Hélénos découvrent la nouvelle épouse ramenée par leur frère Pâris, qui devrait donc avoir théoriquement juste douze ans mais qui apparaît pourtant à la page 13 physiquement comme un jeune homme plus âgé qu’eux. Il y a là une incohérence regrettable mais qui n’enlève pas pour autant tout intérêt à l’album. Il s’agit bien d’une erreur dans le montage du cartouche, copié-collé à tort du précédent. La dessinatrice nous a indiqué qu’il aurait dû y avoir l’indication « 14 ans plus tard… » : « Cassandre et Hélénos ont donc 26 ans au moment de l’histoire, Pâris 20 ans, Hector a environ 36 ans et le couple royal autour de 54-56 ans », selon les explications fournies par Camille Pagni elle-même dans un courriel.

[2] Les pages 76-77 servent d’épilogue et reposent sur une prise de parole (à la première personne) de Cassandre elle-même, qui fait le bilan de certains éléments marquants dans son mythe et apporte quelques compléments, notamment sur le rôle d’Apollon dans la malédiction, sur l’incapacité de son entourage à entendre les vérités qu’elle clame et sur son statut d’héroïne.

[3] La notice XXXV De Cassandra Priami Troianorum regis filia fait en effet partie du recueil Les Femmes illustres (De Mulieribus claris).

[4] On pourra comparer le traitement de l’épisode avec celui qui est présent aux pages 157-158 de la bande dessinée Érostrate (Dargaud, 2024). Dans cet album de Martin Veyron, on voit le dieu lui-même cracher sur Cassandre, qui a refusé ses avances après avoir reçu le don de prescience, et déclarer : « C’est un sort ! Je ne peux pas te reprendre le don de prophétie… … Par contre, personne ne te croira ! Jamais ! » (p. 158). Cette tradition est celle rapportée par le Premier Mythographe du Vatican (II, 78, 2) et suivie ensuite par Boccace.

[5] Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, « Cassandre », p. 81.

[6] Pierre Grimal, op. cit., « Hélénos », p. 182.

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