Anthologie - Offrande à Artémis (Euripide)

Dans la lignée de la très belle chronique Artémis Adorée, dernière en date de Miroir, mon beau miroir, La Vie des Classiques vous propose aujourd’hui un extrait d’Hippolyte, tragédie d’Euripide. Le héros éponyme consacre sur un autel champêtre d’Artémis une couronne de fleurs en gage de sa chasteté et de sa fidélité au mode de vie de la déesse vierge et chasseresse qui le tient éloigné de la société des femmes.

 

ΙΠΠΟΛΥΤΟΣ.
     Ἕπεσθ᾽ ᾁδοντες ἕπεσθε
     τὰν Διὸς οὐρανίαν
     Ἄρτεμιν, ᾇ μελόμεσθα.

ΠΡΟΣΠΟΛΟΙ.
     Πότνια πότνια σεμνοτάτα,
     Ζηνὸς γένεθλον,
     χαῖρε, χαῖρέ μοι, ὦ κόρα
     Λατοῦς Ἄρτεμι καὶ Διός,
     καλλίστα πολὺ παρθένων,
     ἃ μέγαν κατ᾽ οὐρανὸν
     ναίεις εὐπατέρειαν αὐλάν,
     Ζανὸς πολύχρυσον οἶκον.
     Xαῖρέ μοι, ὦ καλλίστα
     καλλίστα τῶν κατ᾽ Ὄλυμπον.
     [παρθένων, Ἄρτεμι].

ΙΠ.
Σοὶ τόνδε πλεκτὸν στέφανον ἐξ ἀκηράτου
λειμῶνος, ὦ δέσποινα, κοσμήσας φέρω,
ἔνθ᾽ οὔτε ποιμὴν ἀξιοῖ φέρβειν βοτά
οὔτ᾽ ἦλθέ πω σίδηρος, ἀλλ᾽ ἀκήρατον
μέλισσα λειμῶν᾽ ἠρινὸν διέρχεται,
Αἰδὼς δὲ ποταμίαισι κηπεύει δρόσοις,
ὅσοις διδακτὸν μηδὲν, ἀλλ᾽ ἐν τῇ φύσει
τὸ σωφρονεῖν εἴληχεν ἐς τὰ πάνθ᾽ ὁμῶς,
τούτοις δρέπεσθαι· τοῖς κακοῖσι δ᾽ οὐ θέμις.
Ἀλλ᾽, ὦ φίλη δέσποινα, χρυσέας κόμης
ἀνάδημα δέξαι χειρὸς εὐσεβοῦς ἄπο.
Mόνῳ γάρ ἐστι τοῦτ᾽ ἐμοὶ γέρας βροτῶν·
σοὶ καὶ ξύνειμι καὶ λόγοις ἀμείβομαι,
κλύων μὲν αὐδῆς, ὄμμα δ᾽ οὐχ ὁρῶν τὸ σόν.
Tέλος δὲ κάμψαιμ᾽ ὥσπερ ἠρξάμην βίου.

HIPPOLYTE. – (À son escorte.) Suivez-moi, suivez, en chantant la fille de Zeus, la céleste Artémis, notre protectrice.

 

 

LES SERVITEURS. – O Puissante, Puissante, Très-Auguste, enfant de Zeus, salut, ô salut, fille de Léto et de Zeus, Artémis, la plus belle de toutes les vierges, toi qui, dans le vaste ciel, habites le séjour d’un noble père, le palais d’or de Zeus ! Salut, ô la plus belle, la plus belle des habitantes de l’Olympe !

 

Hippolyte s’incline devant la statue d’Artémis,
et dépose la couronne sur l’autel.

 

 

HIP. – C’est à toi, maîtresse, que j’apporte cette couronne tressée par mes soins. Elle vient d’une prairie sans tache, où le berger n’ose paître son troupeau, où le fer n’a jamais passé. Cette prairie sans tache, l’abeille la parcourt au printemps, et Pudeur l’entretient de la rosée des eaux vives pour ceux qui, sans étude, ont naturellement en partage une vertu étendue à toutes choses ; à eux de la moissonner : les pervers n’y ont point droit. Donc, chère maîtresse, pour ta chevelure d’or accepte ce bandeau d’une main pieuse. Car, seul entre les mortels, j’ai le privilège de vivre à tes côtés et de converser avec toi ; j’entends ta voix, si je ne vois pas ton visage. Puissé-je tourner la dernière borne comme j’ai commencé ma vie !

 

Euripide, Hippolyte, v. 59-87
C.U.F., Les Belles Lettres
ed. et trad. Louis Méridier

 

               


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