Colloque « Ad fontes : présence de l’Antiquité dans les lettres, les sciences et les arts (Renaissance-XXe siècle) » – Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse (Toulouse)

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Image : Affiche du colloque Ad fontes, illustrée par Le Serment des Horaces de David – Hôtel d’Assézat, Toulouse, 15 octobre 2026
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Ad fontes (« Aux sources ») : cette expression d’Érasme dans son traité sur l’éducation de 1511 est devenue le mot d’ordre des humanistes européens, appelant à un retour aux textes des auteurs grecs et latins, sacrés et profanes. Différents gestes savants (traduction, commentaire, réécriture) sont alors mobilisés pour cette « imitation » de type critique, laquelle, comme le dira La Fontaine plus tard, est souvent tout sauf un esclavage. Ces pratiques sont typiques des « bonnes lettres » du temps, largement encyclopédiques, et incluant le domaine « littéraire » et le domaine des savoirs. Elles se poursuivront avec les « belles lettres » de l’âge suivant, puis avec la « littérature », terme moderne. C’est à examiner ces relectures de textes poétiques, médicaux, historiques, scientifiques et mythologiques, faites par des écrivains, des savants ou encore des musiciens, que cette journée sera consacrée.

Colloque inclus dans la troisième session du Festival Seconde main, sur la Critique.

Programme

Olivier Guerrier, « Sur les commentaires et réécritures d’Homère à la Renaissance »

Après un aperçu des principaux commentateurs humanistes de l’œuvre d’Homère (Politien, Dorat, Sponde…), on en examinera des visages plus directement « littéraires », que ce soit dans la critique qu’en propose Rabelais ou dans les usages qu’en fait Montaigne, ce qui nous conduira à envisager le phénomène de la réécriture avec, pour exemple transversal privilégié, celui de l’épisode d’Ulysse et de Circé dans l’Odyssée à la Renaissance.

Philippe Chométy, « Relire Lucrèce au XVIIe siècle : quand traduire, c’est réécrire »

Lucrèce (Ier siècle av. J.-C.) est un poète et philosophe romain, auteur du De rerum natura, poème « sur la nature » qui présente la philosophie épicurienne. Au XVIIe siècle, ses traducteurs ont réécrit et adapté le texte, diffusant des idées souvent jugées subversives, voire athées, tout en proposant des solutions pour rendre ce chef-d’œuvre poétique en français. Mais comment ces traductions ont-elles contribué à faire du De rerum natura un « classique » de la littérature ?

Didier Foucault, « La Renaissance et la réception du savoir scientifique antique : de la critique textuelle à la remise en cause de ses fondements »

Comme celle du Moyen Âge, la science de la Renaissance a d’abord trouvé ses fondements dans les œuvres des savants de l’Antiquité. Mais, alors que la récupération partielle par la culture scolastique de ce patrimoine s’était accompagnée d’une vénération d’Aristote, Ptolémée, Euclide, Hippocrate et Galien, l’élargissement de ce corpus scientifique aux XVe et XVIe siècles a déstabilisé le socle des savoirs acquis. Les manuscrits médiévaux de référence – souvent traduits de l’arabe – ont été soumis à une critique philologique rigoureuse à partir des originaux grecs. D’autre part, grâce au flot de textes arrivant de Byzance, les humanistes ont eu accès à d’autres manières d’envisager la science, en s’inspirant du platonisme, de l’épicurisme, du stoïcisme, du scepticisme ou de l’école d’Archimède. S’est alors ouverte une crise scientifique, qui en poussant les savants à s’émanciper de l’héritage des Anciens, leur a permis de franchir une première étape vers l’élaboration d’une science authentiquement moderne.

Jean-Pierre Vinel, « Le médecin brocardé ou la satire médicale »

Dans son traité « De la nature de l’homme », Hippocrate (460-377 av. J.-C.) développe la théorie des humeurs qui va dominer la pensée médicale jusqu’au XVIIe siècle et a laissé quelques séquelles jusqu’à nos jours. Totalement réfutée par les progrès des connaissances, elle sera caricaturée dans la littérature de Rabelais à Jules Romains.

Yves Le Pestipon, « Imitation sans esclavage : pratiques diverses de La Fontaine avec les textes antiques »

La plupart des textes de La Fontaine sont des écrits de « seconde main » voire de troisième, ou de quatrième, ou de cinquième main, dont les origines remontent souvent aux littératures de l’Antiquité, païennes comme bibliques. La Fontaine est un imitateur, quoique « sans esclavage », selon une de ses formules. Cela est bien connu, mais ce qui l’est moins c’est la diversité de ses pratiques de réemploi : traductions, découpages, montages, collages, remontages, mises en courts circuits, jeux d’allusions et d’abyme qui animent les Fables tout comme Les Amours de Psyché et de Cupidon. Nous tenterons un bref parcours parmi ces merveilleux bricolages où les anciens se mêlent aux modernes, les orientaux aux occidentaux, le sud au nord, la prose aux vers, la philosophie à la poésie, à l’histoire, à la théologie.

Brigitte Quilhot-Gesseaume, « Si près, si loin, le chant d’Orphée : la réécriture du mythe à l’opéra, Claudio Monteverdi (1607), Philip Glass (1993) »

La plasticité et l’intemporalité des mythes en font une source inépuisable d’inspiration pour des réécritures qui sont autant d’adaptations ou d’interprétations des récits antiques, se pliant à l’époque et au contexte culturel qui les produisent. L’opéra est le genre artistique où s’incarne de la manière la plus appropriée le chant d’Orphée, que l’on se situe à l’articulation de la Renaissance et du baroque chez Monteverdi, ou au XXe siècle finissant chez Philip Glass : à chaque époque, quelles que soient l’esthétique musicale et la scénographie, le mythe se redit, identique et différent, universel et particulier, par quoi il nous interpelle.

Informations pratiques

  • Date : jeudi 15 octobre 2026, de 14 h à 18 h
  • Lieu : Hôtel d’Assézat, Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, place d’Assézat, Toulouse
  • Organisation : Université Toulouse Jean Jaurès, Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, Institut universitaire de France
  • Contact : Olivier Guerrier, olivier.guerrier@univ-tlse2.fr

Site de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse

Dates :
Date de début :
 
Date de fin :
Description :

Après-midi d’étude à l’Hôtel d’Assézat, de 14 h à 18 h.