La Vie des Classiques est allée à la pêche dans les trésors de Persée et vous propose aujourd'hui de lire l'article de Suzanne Amigues dans lequel elle examine le nom grec hélénion, appliqué à sept plantes très différentes (aunée, ivette musquée, santoline maritime, etc.), et le conte étymologique antique qui le rattachait aux larmes ou aux exploits d'Hélène contre les serpents en Égypte.
EXTRAIT : Il faut noter au préalable que les anecdotes relatives au séjour d'Hélène en Egypte ont toutes un rapport avec les serpents : l'herbe plantée par Hélène à Pharos les fait fuir (Elien) ou périr (Hésychius) ; la mort de Canopos est due à la morsure d'un serpent hémorrhoïs (Nicandre, E.M.). Sous le merveilleux du conte transparaît un fond de vérité : l'hélénion était censé mettre les serpents hors d'état de nuire. Sa plantation dans un lieu infesté de reptiles relève de la magie prophylactique plutôt que d'une technique éprouvée. En effet, quoi qu'en dise Hésychius, aucun serpent ne se repaît d'herbe, et il est douteux qu'une plante exerce sur un animal qui ne la consomme pas une répulsion aussi forte que le prétend Elien d'après Sostratos. Mais les Anciens pensaient que certaines plantes agissaient à distance sur des êtres dangereux et les réduisaient à l'impuissance. Le plus ancien exemple est celui du moly homérique (x 286-306), la fleur blanc de lait à racine noire donnée par Hermès à Ulysse pour qu'il échappe aux maléfices de Circe.
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