Amis des Classiques, soyons héroïques !
Entre le temps des dieux et le temps des hommes, il y eut le temps des héros, lorsque mortels et immortels s’aimaient ou du moins avaient des enfants ensemble, lorsqu’Aphrodite prit dans ses bras Anchise et donna naissance à Énée ou que Thétis accepta d’épouser Pélée dont elle eut Achille. Ces héros eurent des enfants à leur tour, qui eurent des enfants, jusqu’à ce qu’un jour plus une goutte de sang divin ne coule dans le sang des mortels qui étaient désormais livrés à eux-mêmes, les dieux n’intervenant plus dans les affaires de ceux qui n’étaient plus de leur famille, même éloignée.
Ces sangs-mêlés que sont les héros, dont Ulysse est le dernier représentant, passaient pour avoir fondé ou dirigé la plupart des lieux importants, comme les villes et les sanctuaires. Ils bénéficiaient en retour d’un culte. C’est pourquoi, entre autres, Hélène était honorée à Sparte, Thésée à Athènes, Hippô à Éphèse. Ces femmes et ces hommes offrent les visages d’une humanité augmentée, pour le meilleur comme pour le pire. Leurs destins font apparaître la variété, et la vérité, de ce que signifie l’héroïsme pour les Grecs et les Romains. Il y a mille et une façons d’être héroïque, toutes ne nécessitent pas le maniement de l’épée. À côté de la bravoure d’Ajax ou de l’abnégation d’Iphigénie, il y a la patience de Pénélope, la droiture d’Antigone et les ruses d’Ulysse, bien sûr.
Et vous, Amis des Classiques, quels héros serez-vous ?