Patience, mon cœur !

 Amis des Classiques, cultivons l'art d'attendre !

 

Ulysse, de retour à Ithaque, est pris de fureur voyant l’état de son palais. Il envisage d’abord de faire regretter aux fameux prétendants leur venue, et de punir par la même occasion les suivantes de Pénélope qui voient d’un trop bon œil à son goût l’occupation ennemie, avant de se réprimer : « Patience, mon cœur ! »

 

Le héros grec ne le regrettera pas : certains plats sont meilleurs froids.

 

 

Cet épisode de l’Odyssée – qui a inspiré à Jacqueline de Romilly le titre d’un ouvrage resté célèbre – montre avec puissance les vertus de la patience.

 

Dans sa chronique Optionnel, Pauline Lejeune nous rappelle que le professeur de lettres classiques doit partager avec le roi d’Ithaque cette indispensable maîtrise de soi. Savoir ruser face aux prétendants latinistes et ne jamais céder à l’impulsivité : contrairement au mauvais, le bon pédagogue (du grec ὁ παιδ-αγωγός, -οῦ) ne soupire jamais, pas plus qu’il ne tape du pied (du grec ὁ πούς, ποδός) ou ne lève trop ostensiblement les yeux au ciel.

 

 

Un prosateur latin anonyme, auteur de la Rhétorique à Herennius, disait en son temps que la force d’âme suppose une « longue patience dans les épreuves ». Saluons donc à leur tour les quelques 684 734 lycéens et les étudiants qui ont récemment passé les épreuves du baccalauréat et des concours de l’enseignement, et qui en attendent désormais les résultats. Un de ces courageux aspirants dresse pour nous le bilan d’une année d’agrégation de lettres : entre patience résignée et enthousiasme salvateur.

 

 

Amis des Classiques, cultivons l’art d’attendre ! (Ré)apprenons à jouer (et donc à attendre notre tour) avec la chronique Antiquité et imaginaire, tuons le temps dans le train avec le professeur Tatoum, revivons avec Wilfried Stroh la patiente et passionnante vie post mortem de la langue latine.

 

Quant à la chronique Confident du réel, elle nous amène au chevet d’un autre type de patient : le tristement drôle Barthélémy Parpot de l’écrivain Alain Monnier.