Monstres et compagnie

Amis des Classiques, mettons les monstres à l’​honneur !

 

Le 1e septembre dernier, des chercheurs de l’université de Yale ont annoncé la découverte d’une espèce vivant au fond des mers il y a 460 millions d’années : le Pentecopterus decorahensis.

 

 

Ainsi baptisé en raison de sa similarité avec le pentécontère, redoutable navire de guerre phocéen [1]Pentecopterus – une sorte de gigantesque scorpion « incroyablement bizarre » selon les chercheurs responsables de sa découverte – est donc un monstre marin, certes, mais aussi, comme tant d’autres espèces vivantes ou disparues, un vrai monstre de langage !

 

Amis des Classiques, saluons les scientifiques, botanistes, biologistes et autres zoologues qui continuent de faire vivre la culture antique en donnant aux espèces qu’ils découvrent des noms invraisemblables – et toujours en latin s’il vous plaît !

Pensons par exemple à cet oiseau disparu, de la famille des Vini, que des scientifiques facétieux ont appelé Vini vidivici. Ou encore à cette petite salamandre du genre des Oedipina que son découvreur, le zoologue E.R. Dunn, a nommée presque naturellement Oedipina Complex. Enfin, mentionnons ce coléoptère du genre des Ytu qu’un scientifique a baptisé en riant… Ytu Brutus !

Quant aux véritables monstres latins, la palme revient sans doute, ex æquo, au Bracyurupuskkyodermatogammarus greivlingwmnemnotus, petit crustacé de Russie et à la Parastratiosphecomyia sphecomyioides, une mouche qui, malgré ses allures de guêpe et son nom plein de piquants, est bel et bien inoffensive.

 

Cette semaine, sur La Vie des Classiques, les monstres sont à l’honneur ! Nous présenterons, au détour d’une anthologie, les différentes créatures merveilleuses qui ont peuplé la terre du temps de l’Antiquité. Nous croiserons également quelques nouvelles chimères, engendrées par l’université. Nous suivrons Thésée à la rencontre du Minotaure et nous évoquerons avec Florence Dupont les « monstres de Sénèque ».

Enfin, comme chaque semaine, nous continuerons la lecture palpitante des aventures de Marcus et de Lygia sous le règne d’un Néron de peplum plus monstrueux que nature.

 

Et pour conclure, amis des langues anciennes, une ultime bonne nouvelle : le journal Le Temps révèle cette semaine que des millions d’espèces animales et végétales endormies dans les collections de musées d’histoire naturelle ou oubliées sur une étagère attendent encore d’être identifiées, classées… et nommées.

 

 


[1] Voir Hérodote, Histoires, I, 163