Kinescopage — The Hunger Games

À la recherche de l’Antiquité, Kinescopage se propose d’en traquer les traces, symboles et inspirations dans le cinéma moderne.

 

 

The Hunger Games : « Comme sous le noir présent transperce le délicieux passé. »

 

 

 

Avec plus de trois millions d’entrées en France pour La Révolte, première partie, le succès cinématographique de la trilogie, adaptée du roman fantastique éponyme de Suzanne Collins, n’est plus à démontrer. Les raisons de ce succès ? Elles n’ont rien d’intempestif : des scenarii alléchants, des acteurs au talent indéniable — à commencer par Jennifer Lawrence, incarnant une incroyable Katniss Everdeen, l’héroïne de la série — ainsi que tout ce qu’Hollywood réserve de mieux en termes d’effets spéciaux. Comment le public adolescent, cible premièrement visée, pourrait ne pas être au rendez-vous ?

 

Il serait alors facile de considérer The Hunger Games comme un divertissement superficiel : loin s’en faut. Car un esprit éclairé par les humanités y repère aisément les traces indélébiles de l’Antiquité : dans le best-seller et dans son adaptation, les références à l’Antiquité, aussi bien grecque que romaine, sont légion. À commencer par l’intrigue elle-même, qui emprunte fortement au mythe de Thésée, en le faisant porter sur une figure féminine, première innovation, et en le transposant dans le cadre d’une anticipation qui ressemblerait ainsi à s’y méprendre à une « Antiquité future ».

 

Antiquité, dites-vous ? À côté de la présence de Thésée, Rome, Athènes ou Sparte ont aussi la part belle, ce sur quoi nous reviendrons. Ne serait-ce pas là la trace du péplum ? Le terme est, comme le montre Claude Aziza dans un ouvrage dédié à la question*, un brin « fourre-tout » : mais on pourrait a minima considérer qu’est un péplum « tout film qui raconte une histoire qui se passe dans l’Antiquité. » Or, en adaptant de manière futuriste le mythe de Thésée, The Hunger Games ne fait rien d’autre que raconter une histoire antique.

 

Serait-ce assez pour en faire un péplum ? The Hunger Games serait-il, finalement, l’archétype du péplum à venir ? C’est ce que nous allons nous efforcer de discuter, en abordant cette trilogie thème par thème, en considérant la représentation des personnages, les symboles antiques disséminés dans le film, ou encore la reprise du rite d’initiation antique et en interrogeant, enfin, d’éminents spécialistes.

 

A. S-D. 

 

 

 

 

 

The Hunger Games, réalisé par Gary Ross.   

La trilogie de Suzanne Collins est parue en traduction française aux éditions Pocket.

 

*Claude Aziza, Le péplum, un mauvais genre, Paris, Klincksieck, coll. « 50 questions », 2009

 

 

 

 

 

 


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